Marjorie Naturopathie
Hygiéniste- Naturopathe à Irigny (Rhône), EI
 
Marjorie Naturopathie
Hygiéniste- Naturopathe à Irigny (Rhône), EI
 

Et si la gemmothérapie pouvait aider dans les douleurs articulaires chroniques ?

24 Avr 2022 Marjorie Naturopathie Information

On appelle la gemmothérapie, la « thérapie » des bourgeons ou la « médecine » des bourgeons. La gemmothérapie est une branche de la phytothérapie, assez méconnue et pourtant très prometteuse. On la trouve aussi sous le nom de phytoembryonologie, ou de méristémothérapie. On la désigne surtout par « thérapie » par les bourgeons, les jeunes pousses et les radicelles. Dans la trousse du naturopathe, elle tient une place de choix, en particulier dans l’accompagnement des douleurs articulaires chroniques. Quelles en sont les raisons et les résultats ?

1- D’où nous vient la gémmothérapie ?

C’est dans l’Antiquité égyptienne qu’on trouve les premières traces de l’utilisation de la gemmothérapie à titre curatif. Au Moyen-âge, les alchimistes s’en sont saisis pour fabriquer des onguents qui étaient des sortes de pommades. Hildegarde de Bingen, abbesse qui vécu au XIIème siècle, phytothérapeute (entre autre chose) et Goethe ont écrits utiliser les bourgeons de pin, de sapin et de peupliers dans des décoctions.

Mais il faut attendre l’époque contemporaine et les années 1960, pour que le docteur Belge Pol Henry, s’intéresse à l’impact du tissus embryonnaire végétal sur notre santé. Le premier bourgeon qu’il a étudié est le bourgeon de bouleau pubescent. Il a mis en évidence son action régulatrice sur le foie. Il a remarqué que les extraits alcooliques des plantes (macérâts) étaient plus efficaces que ceux des extraits des plantes arrivées à maturité. Mais pour lui, l’extraction par l’alcool restait insuffisante. Il a eu l’idée d’y ajouter la glycérine végétale.

Pour éviter la toxicité de certains bourgeons, il a appliqué les principes Hannemaniens des dilutions homéopathiques. Les macérâts ont été dilués au un dixième (1DH).
 

Dans les années 80, le docteur Max Têtau, homéopathe et phytothérapeute reconnu, reprend les travaux de Pol Henry et les expérimentations, avec les macérâts dilués à 1DH. La gémmothérapie trouve son nom.

Le principe de base de la gemmothérapie est d’exploiter les nombreuses propriétés des bourgeons, qui recèlent le plein potentiel du végétal.

Le bourgeon contient toute l’énergie et les ingrédients utiles au développement du futur végétal, et pouvant servir tant aux humains, qu’aux animaux. Certains vétérinaires utilisent la gemmothérapie.

Le bourgeon contient le cycle entier et complet du végétal, avec une concentration énergétique fabuleuse du potentiel du végétal.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le bourgeon correspond à une interruption de la vie de plante : la vie de la plante peut se concentrer dans le bourgeon, quand les conditions ne sont pas requises pour le développement du végétal, et se déployer quand les conditions sont optimales pour elle.

En botanique, le bourgeon est une excroissance végétale, comme les cellules souches animales, et qui donnera naissance aux branches, aux feuilles, aux fleurs et aux fruits.

On peut dire que tout le totum de la plante est contenu dans le bourgeon.

Le bourgeon de la plante est protégé des intempéries par un système d’écailles.

 Il contient déjà des acides nucléiques, des minéraux, des oligoéléments, des vitamines, des phytohormones, qui constituent des facteurs de croissance, qui n’existent pas dans les parties matures de la plante.
 

C’est dans le bourgeon qu’on trouve le méristème des végétaux : ce méristème est un groupe de cellules embryonnaires. Ces cellules n’ont pas de spécialisation.

Ce qui est intéressant de noter, c’est qu’une seule de ces cellules peut reconstituer la totalité du végétal !

Il y a des similitudes entre les cellules animales et les cellules végétales : on retrouve la membrane, le noyau avec les chromosomes, le cytoplasme, les mitochondries

2- Comment a été utilisée la gémmothérapie?

La gémmothérapie a d’abord été utilisée pour normaliser des symptômes cliniques. Puis, on l’a plus utilisée  dans une approche dite mentale, par rapport aux émotions ressenties par certaines personnes. Certains praticiens ont alors fait le lien entre des représentations psychiques problématiques de certaines personnes et les extraits végétaux de certains bourgeons, comme une réponse qui pouvait leur être proposée.

Un autre niveau a été mis en évidence, celui de la physique quantique qui a une centaine d’années. En effet, l’information du végétal qui va éclore et qui est contenu dans le méristème, et qui détient tout le potentiel de la plante, représente une signature énergétique vibratoire unique qui peut réharmoniser une personnalité et aller jusqu’au vécu de la personne. La gémmothérapie est dans la lignée de l’homéopathie. Les 1ers à s’en être intéressés sont des homéopathes. Le système d’extraction des bourgeons est sensiblement le même que celui utilisé en homéopathie. Les tissus embryonnaires du végétal portent les informations génétiques du végétal, et les propriétés particulières de chaque partie du végétal.

A l’intérieur du bourgeon, on retrouve les différentes parties du végétal en miniature (feuilles par exemple). Quand le macérât va être pris, le corps reconnaitra alors ces différentes propriétés du végétal, et les utilisera d’autant plus si le macérât est préparé en respectant les protocoles.

La gémmothérapie s’appuie donc sur la théorie holistique de l’être humain, c’est-à-dire dans la globalité, qui vit en harmonie avec lui-même et avec son environnement. Elle s’intègre parfaitement à la naturopathie.

Le bourgeon quand à lui se trouve entre le Ciel et la Terre, et peut aider la personne dans ses transitions, en l’accompagnant au mieux.

Le méristème contient de l’information génétique, des oligoéléments, des vitamines.

3- Quels sont les avantages de la gémmothérapie ?

Les macérâts de bourgeons ou de jeunes pousses sont bien plus actifs que ceux de la plante prise sous d’autres formes, avec une efficacité plus rapide. Pour le macérâts de romarin, ou les jeunes pousses sont utilisées pour leurs caractéristiques hépato protectrice, le macérât à une activité protectrice du foie plus importante (63%), que la plante (6%).

La gémmothérapie a une action plus douce, grâce à de faibles concentrations, elle est aussi plus sécuritaire et d’un usage plus facile, par rapport à d’autres formes d’utilisation.

L’utilisation du bourgeon est à large spectre, alors que celle d’une partie du végétal sera plus réduite, car toute la plante est contenue dans le bourgeon, avec toutes les propriétés.

La gémmothérapie était utilisée par les homéopathes pour soutenir le drainage de l’organisme, en particulier au niveau des émonctoires, c’est-à-dire des organes d’élimination comme les reins, le foie, la peau, les intestins.

La gémmothérapie a aussi un potentiel de régénération des tissus, des cellules et même des organes.

4- Comment extrait-on les principes actifs en gémmothérapie ?

Au printemps, les bourgeons et les jeunes pousses sont récoltés, puis mis à macérer dans un mélange de glycérine et d’alcool, qui permet d’obtenir le macérât 1DH.

Le docteur Pol Henry à quant à lui utiliser un mélange d’eau, de glycérine et d’alcool, ce qui permet d’avoir un macérât mère.

Dans certaines pharmacies, la glycérine peut être remplacée par du miel ou du sirop d’agave, et l’alcool par du cognac,  de la gnaule….

L’utilisation de l’alcool dans les macérâts, permet d’extraire des alcaloïdes, et certaines autres substances. La glycérine végétale quant à elle,  permet l’extraction de principes aromatiques, de certains flavonoïdes, de vitamines, et d’acides liposolubles.

On trouve les macérâts sous deux formes :

  • Le macérât glycériné à 1DH qui est la seule forme médicinale de gemmothérapie inscrite à la Pharmacopée française.
  • Le macérât mère est un macérât qui est plus concentré, et qui est un complément alimentaire. Il ne subit aucune dilution. Il est mis à macérer avec 1/3 d’eau, 1/3 d’alcool et 1/3 de glycérine, pendant 3 semaines. Cette méthode permet de ne pas agresser les tissus végétaux.

Le docteur Belge Pol Henry insistait sur la macération avec l’eau, qui permet l’extraction d’un plus grand nombre de principes actifs, comme les tannins, les sels minéraux, les flavonoïdes, les vitamines et les acides.

Ces différents éléments ne se trouvent pas dans le macérât à 1DH.

Pour lui, le macérât mère est donc plus énergétique.

Le choix des solvants (mélange d’eau et d’alcool) est primordial, car il permet d’extraire les principes actifs du végétal.

Les bourgeons frais, et les jeunes pousses fraîches, sont donc mis à macérer dans ce mélange (eau+glycérine+alcool) pendant 21 jours, avant la filtration, pour avoir le macérât concentré.

5- Quelles sont les formes de macérâts-mère ?

Il existe deux formes :

  • Les unitaires qui peuvent être pris séparément ou ensembles (pas plus de trois), dans un petit peu d’eau.
  • Les complexes ou composés contiennent plus de bourgeons ce qui ne pose pas de problèmes car c’est la façon de le faire qui permet cette utilisation en synergie. L’achat d’un complexe revient moins cher que l’achat de chaque flacon unitaire.

Le macérât mère contient moins d’alcool que la dilution en 1DH, ce qui est aussi à prendre en compte.

Cela signifie qu’il faudra toujours savoir si le macérât mère est conçu dans de bonnes conditions (récolte, macération, extraction, avec des bourgeons frais, français, issus de l’agriculture biologique, récoltés à la meilleure période pour eux.)

6- Y-a-t-il des effets indésirables et des contre-indications ?

Comme dans tout complément alimentaire, il peut y avoir des réactions de l’organisme qui ne sont pas prévisibles, rares, et qui sont passagères, comme : la sueur, l’avancée des règles chez les femmes, des migraines. Ce sont des effets qu’on retrouve dans la prise des produits de phytothérapie, qui peuvent être dus à une posologie inadaptée (trop de gouttes prises).

Certaines personnes ne sont pas éligibles à la prise de gémmothérapiques telles que :

  • Les personnes qui sont en sevrage alcooliques (idem avec les fleurs de Bach), celles qui ont des problèmes de foie, ou les personnes qui ne peuvent pas consommer de l’alcool pour des raisons religieuses.
  • Les femmes enceintes (pas plus de 5 gouttes par jour de macérât-mère, pas de bourgeons ayant une action hormonale)
  • Les femmes allaitantes : pas d’aulne glutineux et d’arbres fruitiers (pommier, framboisier…)
  • Les personnes ayant eu des cancers hormonaux dépendants ou ayant des antécédents de cancers hormonaux dépendants familiaux (airelle, framboisier, séquoia, ronce, chêne).
  • Les enfants : pas de 1DH avant l’âge de 12 ans, car dans le 1DH, on met dix fois plus de gouttes, donc dix fois plus d’alcool. Pas de macérât-mère avant l’âge de 4 ou 5 ans
  • Pas de macérât-mère de cassis en cas de HTA à cause de son action tonique.
  • Pour les macérâts de houx, houblon, gui, buis, pas de prolongation.
  • Chez les personnes atteintes d’insuffisance rénale ou cardiaque, on évitera les bourgeons trop drainants pour ne pas avoir une action trop forte sur les émonctoires fatigués.

7- Quels sont les bourgeons les plus utilisés dans l’accompagnement des douleurs articulaires chroniques ?

Le bourgeon de cassis : c’est un puissant anti-inflammatoire naturel, qui agit sur toutes les sphères. Son action est à large spectre. C’est un bourgeon qui appartient à la famille des toniques, et qui doit être pris avant 17h, pour ne pas nuire à la qualité du sommeil.  Il a un effet « cortisone-like », qui lui permet d’agir sur les manifestations allergiques du printemps, sur les migraines allergiques, l’urticaire, les problématiques hépatiques, le rhume des foins aussi. Il a aussi une action stimulante sur les surrénales, le pancréas, les reins. De part son action sur les voies respiratoires, les personnes qui ont de l’asthme, de l’emphyzème, pourront l'utiliser. Son action tonique sera recommandée pour les personnes qui sont fatiguées, avec une tendance à la somnolence, et aussi pour les personnes qui souffrent d’hypotension. Pris en association avec d’autres bourgeons, il boostera leur efficacité.

Le bourgeon de frêne est le symbole de la puissance et de l’immortalité. Son bois est résistant et souple : est-ce à cause de cela que ses principales actions sont sur la sphère ostéo-articulaire et rénale ? On le recommande dans la gestion de la surcharge pondérale, mais aussi pour faire diminuer le mauvais cholestérol et l’acide urique. Il a une action sur la stimulation des surrénales, ce qui entraîne une hausse du cortisol sanguin, et donc une réaction anti-inflammatoire, mais aussi sur tout ce qui est azoté (protéines et acide urique), ainsi que sur l’adrénaline et la nor adrénaline qui sont les hormones du stress.

Pol Henry disait ceci du bourgeon d’airelle : « S’il devait rester un seul remède en gemmothérapie, je garderai celui-là ». L’airelle est sans aucun doute le bourgeon qui accompagne la femme dans ses cycles, en particulier à partir de la cinquantaine, et des désagréments de la ménopause. Il a une action sur le vieillissement. C’est sur la sphère uro-génital qu’il agit principalement, mais aussi, son action antispasmodique sera appréciée dans les bouffées de chaleur. Il aide dans l’élimination de l’acide urique et de l’état goutteux, mais aussi dans l’urée et le cholestérol.

Les personnes atteintes de douleurs articulaires chroniques, ont souvent des problèmes digestifs importants. L’action byphasique de ce macérât est alors bien intéressante : il va agir autant sur la constipation chronique, que dans les phases de diarrhées. Il impacte sur la motricité du colon et aide dans les cas de colon irritable et de colites. Il fait partie aussi des compléments naturels dans la gestion de l’arthrose lombaire, mais surtout est utile dans les cas de polyarthrite chronique évolutive.
 

Le bourgeon de bouleau (déconseillé aux personnes qui sont allergiques aux dérivés salycilés comme l’aspirine.) Il existe deux sortes de bourgeons de bouleau : le bouleau pubescent et le bouleau blanc. Leur action principale se situe au niveau de la sphère ostéo articulaire. Le bouleau blanc intervient dans toutes les problématiques inflammatoires rhumatismales chroniques, ou dégénératives. Il est efficace dans les inflammations comme dans les cas de bursites et soulage les arthrites.

Le bouleau pubescent intervient sur les douleurs de dos, les ankyloses, les raideurs des genoux et les tendinites. Le bouleau pubescent et le bouleau blanc sont des stimulants de la rate et du pancréas.
 

En gémmothérapie, le bourgeon de ronce a aussi une action ostéo-articulaire, en particulier chez les personnes âgées qui ont de l’arthrose.

On retrouve son action sur les rhumatismes dégénératifs et chroniques, qui sera utile dans les cas de polyarthrites et d’arthrites anciennes.

Le bourgeon de vigne vierge est celui de la diathèse rhumatismale. Il est donc actif sur la sphère ostéo-articulaire, les polyarthrites, les rhumatismes ou encore sur la spondylarthrite ankylosante. Il est particulièrement indiqué  dans tout ce qui touche aux tendons et aux ligaments.

Et pour conclure?

Beaucoup d’autres bourgeons peuvent avoir une action sur les douleurs articulaires chroniques, et sur leurs conséquences (sommeil, stress, problèmes digestifs, anxiété...). La médecine allopathique reste la première intention, et la gemmothérapie peut intervenir uniquement à titre de complémentarité. Pour bien utiliser la gémmothérapie, et en profiter en toute sécurité, il est important de ne pas se supplémenter seul : votre naturopathe est là pour vous fournir le protocole d’utilisation, et pour vous conseiller les bourgeons qui vous aideront le plus, à atteindre votre bien-être. Le naturopathe n’est pas un médecin, il ne pose pas de diagnostic. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à vos traitements que vous devez poursuivre.


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